Blog

De la formation par les pairs

Longtemps, j’ai cru que les pairs étaient une illustration nostalgique de la pairie ou même d’une vision patriarcale de l’enseignement.

avant de comprendre qu’il s’agissait pour nous, de former les acteurs de la migration par les premiers concernés : les immigrés, réfugiés, migrants…
Ce que finalement, nous avions toujours réalisé sans en connaître le terme. Comment penser étudier le patrimoine des migrations sans imaginer leurs implications !?

C’est l’une des forces du projet Migrantour : les ateliers et les cours avec des “experts”. Mais aussi les enquêtes de terrain avec les étudiants. Et enfin, les balades urbaines et les visites de musées conduites par les passeurs de cultures issus des sessions précédentes. Cela a pour but d’émaillé le parcours d’une individualité où transpire l’expérience, le savoir, la partialité, l’émotion. Bref ce qui constitue une histoire humaine – unique et pourtant universelle.

Epicier
Rama one

Au début était Siby, jeune étudiant soninké de Kayes en doctorat rencontré dans un foyer parisien. Il s’est pris au jeu de la balade à Château Rouge puis le digne Rama, l’ancien de Pondichéry qui crée Un comptoir à La Chapelle.  La famille avait servi la France dans l’administration jusqu’au Viêt Nam (une autre migration déjà). Mais aussi Datchi qui, à sa manière, participait en ouvrant son association culturelle au plus grand nombre à travers la danse, le chant, le Supra – art du banquet – de sa Géorgie natale.
Chacun représente une dimension personnelle, culturelle, temporelle parfois, transposée dans un autre espace : à Paris, Marseille ou Bruxelles…

Les passeurs de cultures comme des gardiens du temple ?
Pas seulement…

Chacun invite d’abord à entrer dans une histoire intérieure, dans une géographie de la mémoire où les montagnes et les mers sont représentées. L’idée aussi d’un passage, d’un corridor, d’une ouverture sur le Monde de… Étroit boyau qui nous introduit à Paris ou ailleurs.  Dans une imbrication avec le quartier, dans un vif du sujet dans une collusion avec la ville d’adoption qu’il accepte de dévoiler, le temps d’une visite de quelques heures.

Les passeurs de cultures de toutes les latitudes et de toutes les époques et aussi de tous les statut. Tuan l’étudiant, Anna la retraitée, Zia l’archéologue ou Alasan le footballeur, Asif le papillonné… sont désormais Pairs de France.

Je-mange5

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *