Marseille à l’Italienne

Une balade dans le centre de Marseille, à la découverte de la riche histoire des Italiens à partir du XIX siècle.

Saviez-vous que, au début du XX siècle, 1 marseillais sur 5 venait d’Italie ? Et que l’ancien quartier du Vieux-Port détruit en 1943, était surnommé “La petite Naples” ?
Si l’identité cosmopolite de Marseille est bien une mosaïque de différentes cultures, celle italienne, issue des différentes et importantes vagues migratoires à partir du XIX siècle, y a une place particulière. En fait, l’histoire des Italiens à Marseille nous amène bien plus loin dans l’espace et le temps. Ils sont venus, au fil des siècles, du nord, du centre et du sud et des îles de l’Italie, par tous les moyens de transport, et pour faire toute sorte de travail. Ils étaient des hommes et femmes de toute âge, pêcheurs, agriculteurs, domestiques, maçons, commerçants,artisans, artistes et même politiciens. D’abord “indesirables”, souvent victimes de racisme et discriminations, parfois de persécutions, les Italiens sont aujourd’hui considérés un exemple d’intégration (assimilation ?) réussie.
Les traces de leurs histoires sont toujours présentes dans la ville, venez-les découvrir !

« C’était les Italiens. Mais, là, il faut s’arrêter. Un jour, pour calmer mon esprit en proie au doute, j’ai dû acheter une géographie et contrôler de mes yeux que Marseille était bien dans le département qui s’appelait les Bouches-du-Rhône. J’ai fermé la géographie. Le lendemain, je l’ouvris de nouveau. Marseille était dans les Bouches-du-Rhône, cependant les Bouchesdu-Rhône devaient être en Italie. Eh bien ! Non, ce département était en France. Je repris courage et, comme nous étions au matin de cette journée d’expérience, je sonnai la femme de chambre. Elle arriva. C’était une Italienne. “Alors, lui dis-je, envoyez moi le valet.” C’était un Italien. “Faites monter le sommelier !” Il était Italien ! J’empoignai mon chapeau, ma canne, mon pardessus. Je sortis de ma chambre. J’appelai l’ascenseur. Le garçon de l’ascenseur lisait Il Secolo ! Je brûlai le hall jusqu’à la porte. Là, je m’adressai au portier et j’eus comme un espoir : le portier était Anglais ! Me voici rue Noailles. Je vois passer une charmante promeneuse, je lui dis bonjour ! Elle était pressée. Alors, elle me renvoie Arrivederci ! Ce qui veut dire : au revoir !…à Rome. »

Albert Londres, Marseille port du sud, 1926

Contact : Paola Ceresetti

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